Je vous ai parlé la semaine dernière du concept de robustesse présenté par le Dr Olivier Hamant. Ce concept qui, du point de vue écologique et économique, m’a beaucoup parlé, je me suis amusée à le translaté sur les pratiques de management.

Alors voyons ensemble comment la robustesse peut être transposé au management en offrant une nouvelle perspective sur la manière de gérer les organisations et les équipes dans un monde instable.

  1. Performance vs Robustesse
  • Dans le management traditionnel : La performance est souvent mesurée par des indicateurs d’efficacité et d’efficience, avec un objectif d’atteindre le maximum de résultats avec le minimum de ressources.
  • Approche robuste : Inspirée par le vivant, elle privilégie la stabilité et la résilience face aux fluctuations. Cela implique d’accepter une certaine “sous-optimalité” pour mieux gérer les imprévus, comme le fait le corps humain avec sa température normale (37,2°C) ou la photosynthèse avec son rendement faible mais stable.
  1. Gestion des fluctuations
  • Management performant : Tente de minimiser les aléas en optimisant tous les processus, ce qui peut rendre l’organisation vulnérable face à des crises imprévues.
  • Management robuste : Intègre des marges de manœuvre et des redondances (comme dans la nature) pour absorber les chocs. Par exemple, encourager des pratiques comme la pause-café, perçue comme “contre-productive”, mais essentielle pour créer des liens humains qui renforcent la coopération en période de crise.
  1. Indicateurs et outils
  • Indicateurs traditionnels : Les KPI (Key Performance Indicators) sont souvent utilisés pour mesurer la réussite dans un cadre stable.
  • Outils dynamiques : Dans un monde fluctuant, il est crucial de tester la robustesse des projets face à différents scénarios (hausse des coûts, interruptions technologiques, etc.), comme le propose le Dr Hamant.
  1. Culture organisationnelle
  • Culte de la performance : Favorise une culture du “toujours plus”, conduisant souvent au burn-out des employés et à une déconnexion entre les individus.
  • Culture robuste : Met l’accent sur le respect des rythmes naturels, une meilleure gestion du temps et une approche plus humaine. Cela inclut l’intégration de perspectives diverses et l’encouragement à penser de manière complexe pour anticiper les aléas.
  1. Moins mais mieux

Le management robuste invite à abandonner l’idée de maximisation constante pour se concentrer sur l’essentiel. Cela peut se traduire par une réduction des objectifs quantitatifs au profit d’une amélioration qualitative des processus et relations.

Conclusion :

En résumé, appliquer les principes de robustesse au management revient à construire des organisations capables de s’adapter aux incertitudes tout en préservant leur viabilité à long terme. Cela nécessite un changement profond dans les mentalités et pratiques managériales, passant d’une logique de performance à une logique de résilience et d’équilibre.